DEUIL & SOUVENIR . CONSEILS
Vider la maison de ses parents décédés, sans se perdre
Une épreuve à la fois physique et intime. Voici une manière d’avancer, pièce par pièce, sans se sentir submergée.
Par Agathe · Mis à jour en 2026
D'abord, il n'y a pas d'urgence
Sauf si un bail, une vente ou une contrainte financière l’impose, rien n’oblige à tout vider rapidement.
Beaucoup de familles attendent plusieurs semaines, parfois plusieurs mois, avant de pouvoir s’y confronter sereinement.
Se laisser ce temps n’est ni un échec, ni un manque de respect envers celui ou celle qui est parti.
Avant de commencer : le côté administratif
Quelques gestes à faire avant de trier quoi que ce soit :
- Rassembler les papiers importants (actes, contrats, livret de famille, relevés bancaires, factures) souvent rangés dans un tiroir, un classeur ou une boîte
- Résilier ou transférer les abonnements : électricité, box internet, assurances
- Vérifier l’existence d’un testament ou de dispositions notariées
- Si plusieurs héritiers sont concernés, en parler ensemble avant de commencer le tri évite bien des tensions plus tard
Trier par catégories, plutôt que par pièce
Trier pièce par pièce peut être épuisant émotionnellement, surtout dans une chambre ou un salon chargés de souvenirs.
Certaines familles trouvent plus facile de trier par type d’objet, à travers toute la maison : les papiers, les bijoux, les vêtements, les photos, les meubles, les objets du quotidien.
Pour chaque catégorie, quatre piles :
- A garder : souvenir fort, valeur affective ou financière
- A donner : associations (certaines associations viennent débarrasser gratuitement en échange des objets revendables. Des sociétés de débarras existent si le volume est trop important à gérer seule), familles, amis, …
- A vendre : Brocante, plateformes en ligne, ..
- A jeter ou recycler selon l’état
Mon conseil
Ne pas trier seule
S’entourer d’un membre de la famille, d’une amie, de quelqu’un qui peut tenir un objet et demander « tu es sûre de vouloir jeter ça ? », ou au contraire « tu n’as pas besoin de garder ça ».
La solitude face à ce tri est souvent ce qui rend la tâche la plus lourde.
S'autoriser à garder peu, mais garder du sens
Il n’est pas nécessaire de tout garder pour honorer une mémoire.
Beaucoup trouvent plus apaisant de choisir quelques objets chargés de sens plutôt que de stocker des cartons entiers qu’on ne rouvrira jamais. Un vêtement, un tissu, une écharpe portée pendant des années, …
De plus, plutôt que de laisser le vêtement dormir dans une armoire, certaines familles choisissent de le transformer en quelque chose à garder au quotidien, une présence discrète.
Confier les vêtements de votre proche à des mains qui savent les respecter
Je transforme vos vêtements a grande valeur sentimentale en création souvenir.
Trier les affaires d’un proche décédé peut provoquer des émotions très contradictoires : du soulagement, de la tristesse, de la colère, parfois même de la culpabilité de se sentir soulagé(e). Tout cela est normal.
Il n’y a pas de bonne façon de faire son deuil, et il n’y a pas de bonne façon de s’occuper des affaires de quelqu’un qu’on aimait. Ce qui compte, c’est que la décision que vous prenez vous convienne à vous ! Pas à votre entourage, pas à une norme sociale imaginaire.
Si vous avez du mal à avancer seul(e) dans cette démarche, des professionnels comme les psychologues spécialisés en deuil, les associations de soutien ou les groupes de parole peuvent vous accompagner.
Questions fréquentes
- Quand trier les vêtements d’un proche décédé ? Il n’existe pas de bonne ou de mauvaise date. Certains ont besoin de quelques semaines, d’autres de plusieurs années. L’important est d’agir quand vous vous en sentez capable, sans pression extérieure.
- Que faire si je regrette d’avoir donné les vêtements de mon proche ? Le regret fait parfois partie du deuil. Si cela vous pèse, parlez-en à un proche ou à un professionnel de l’accompagnement. Pour éviter ce sentiment, une solution est de mettre de côté quelques pièces symboliques avant tout don, pour décider plus tard de leur devenir.